


Franc Turin : L’Héritage Numismatique Français
Découvrez l’histoire remarquable du franc Turin, une série emblématique de pièces de monnaie françaises gravées par Pierre Turin, reflet de l’art et de l’économie de l’entre-deux-guerres.


Le Franc Turin : Une Œuvre Numismatique d’Exception
Le franc Turin, œuvre du graveur Pierre Turin, est une série de pièces de monnaie française emblématique, frappée entre 1929 et 1949 en France, et jusqu'en 1952 dans certaines colonies françaises. Ce modèle s’inscrit dans un contexte de refonte monétaire marquée par l’instauration officielle du franc Poincaré en 1928, visant à stabiliser l’économie après les troubles financiers des années précédentes.
Origine et Sélection du Type Turin
À la suite d’un concours national organisé par la Monnaie de Paris, le modèle de Pierre Turin fut retenu pour sa sobriété et son élégance, en phase avec les codes esthétiques de l’Art Déco, un mouvement artistique dominant de l’époque. Le concours visait à doter les nouvelles pièces de monnaie d’un design novateur et symbolique, tout en répondant aux besoins pratiques de la circulation monétaire.
Caractéristiques et Symbolisme
Les pièces du type Turin furent frappées en deux dénominations principales : 10 francs et 20 francs. Ces pièces, frappées en argent à 68 % de pureté, marquaient un tournant significatif dans l’histoire monétaire française. Elles adoptaient les dimensions des anciennes pièces de 2 francs type Semeuse, témoignant de la dépréciation monétaire due à l’inflation et aux ajustements économiques de l’après-guerre.
L’avers des pièces présente le profil droit de Marianne, coiffée d’un bonnet phrygien orné d’une couronne de lauriers, symbole de la République française et de la victoire. La légende circulaire, « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE », entoure ce portrait, accompagné de la signature discrète du graveur : P. TURIN.
Le revers, dans un style Art Déco, affiche deux épis de blé stylisés encadrant la valeur faciale, l’année d’émission, et deux poinçons : celui de l’atelier monétaire (la corne d’abondance pour Paris) et celui du graveur général des monnaies (représenté par une aile, signature de Lucien Bazor). Au bas de la pièce, la devise républicaine « LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ » est inscrite sur trois lignes. La tranche des pièces est striée, une caractéristique renforçant leur sécurité contre la contrefaçon.
Certains millésimes, comme les 10 francs de 1935 et 1936, ou les 20 francs de 1935 et 1939, sont aujourd’hui particulièrement recherchés par les numismates en raison de leur faible tirage. Ces pièces, souvent découvertes dans les greniers ou conservées dans les familles, constituent des témoignages précieux de l’histoire économique française.
Héritage Numismatique
Le type Turin reste aujourd’hui une icône de l’art monétaire français, apprécié pour son esthétique raffinée et sa valeur historique. Il incarne l’équilibre entre le classicisme républicain et l’audace stylistique de l’Art Déco, tout en témoignant des défis économiques d’une France en mutation. Pour les collectionneurs et passionnés d’histoire, ces pièces représentent bien plus que leur valeur métallique : elles sont des fragments palpables d’une époque révolue.
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